Athérome : Qu’est-ce que c’est et Comment se Forme-t-il ?
Accueil / Blog / Athérome : Qu’est-ce que c’est et Comment se Forme-t-il ?
Blog

Athérome : Qu’est-ce que c’est et Comment se Forme-t-il ?

Jean-Pierre 21 juin 2026 14 min de lecture

Vous avez entendu le mot « athérome » et cela vous inquiète ? Vous voulez comprendre ce que ce terme médical signifie vraiment ? Vous cherchez à savoir comment une plaque d’athérome se forme et quels sont les vrais risques pour votre santé ?

Cet article explique simplement ce qu’est une plaque d’athérome, pourquoi elle est dangereuse pour vos artères et comment la combattre. C’est la cause principale des maladies cardiovasculaires les plus graves, comme l’infarctus du myocarde ou l’AVC.

Qu’est-ce que l’athérome exactement ? La définition complète

L’athérome, c’est un dépôt de graisses qui s’accumule et durcit à l’intérieur de la paroi de vos artères. Imaginez un tuyau de plomberie qui s’entartre petit à petit. L’athérome, c’est la même chose, mais dans les « tuyaux » qui transportent votre sang.

Ce dépôt, qu’on appelle aussi « plaque d’athérome », n’est pas juste un amas de graisse. C’est un mélange complexe qui se forme progressivement au fil des années. Une plaque d’athérome est composée de plusieurs éléments :

  • Des graisses : surtout du cholestérol, et plus précisément le « mauvais » cholestérol (LDL).
  • Des cellules sanguines : des cellules immunitaires qui viennent pour « nettoyer » la graisse mais se retrouvent piégées.
  • Du tissu fibreux : le corps essaie de recouvrir ce dépôt avec une sorte de « chapeau » fibreux pour l’isoler.
  • Du calcium : avec le temps, ces plaques peuvent se calcifier, ce qui les rend dures et rigides.

La différence entre athérome et athérosclérose

On confond souvent les deux termes, mais ils ne désignent pas la même chose. C’est simple à comprendre : l’athérome est la plaque, le dépôt de graisse lui-même.

L’athérosclérose est la maladie générale des artères provoquée par ces plaques. C’est le processus de durcissement et de rétrécissement des artères à cause de l’accumulation de ces plaques d’athérome. En résumé, l’athérome est la cause, l’athérosclérose est la conséquence.

Les artères les plus touchées

L’athérome peut toucher toutes les artères du corps, mais certaines zones sont plus à risque. Ce sont souvent les artères où le flux sanguin est turbulent, comme au niveau des bifurcations. Les artères les plus souvent concernées sont :

  • Les artères coronaires, qui nourrissent le cœur.
  • Les artères carotides, qui irriguent le cerveau.
  • L’aorte, la plus grosse artère du corps.
  • Les artères des membres inférieurs (jambes).

Comment se forme une plaque d’athérome ? Le processus étape par étape

La formation d’une plaque d’athérome est un processus lent qui se déroule sur des dizaines d’années. Il commence souvent dès l’adolescence, mais ne devient problématique que bien plus tard. Voici les trois grandes étapes.

Étape 1 : L’accumulation du « mauvais » cholestérol (LDL-c)

Tout commence quand il y a trop de « mauvais » cholestérol (cholestérol LDL) dans le sang. Ces particules de cholestérol peuvent traverser la première couche de la paroi de l’artère et s’y coincer. Une fois piégées, elles subissent une transformation chimique : elles s’oxydent. C’est un peu comme du métal qui rouille. Ce cholestérol oxydé est perçu comme un ennemi par le corps.

Étape 2 : La réaction inflammatoire

Le système immunitaire réagit à la présence de ce cholestérol oxydé. Il envoie des « soldats », des globules blancs appelés macrophages, pour nettoyer la zone. Les macrophages « mangent » le cholestérol oxydé, mais ils en absorbent tellement qu’ils finissent par mourir sur place. Ces macrophages gorgés de graisse deviennent ce qu’on appelle des cellules spumeuses. L’accumulation de ces cellules crée une inflammation chronique dans la paroi de l’artère.

Étape 3 : La formation de la chape fibreuse

Pour tenter de contenir cette inflammation et de « cicatriser » la lésion, le corps fabrique une sorte de coque. Des cellules de l’artère produisent du tissu fibreux qui vient recouvrir l’amas de graisses et de cellules mortes. Cette coque, c’est la chape fibreuse. Au début, elle stabilise la plaque. Mais avec le temps, cette plaque grossit, la chape se fragilise et l’artère se rigidifie et se rétrécit. La circulation sanguine devient alors plus difficile.

Facteurs de risque et causes : Pourquoi développe-t-on l’athérome ?

On ne développe pas des plaques d’athérome par hasard. Plusieurs facteurs augmentent le risque. On les divise en deux catégories : ceux sur lesquels on peut agir, et ceux qu’on ne peut pas changer.

Comprendre ces facteurs de risque est la première étape pour la prévention. Ils agissent souvent ensemble, multipliant le risque cardiovasculaire global.

Facteurs de Risque Modifiables (sur lesquels on peut agir) Facteurs de Risque Non Modifiables (que l’on subit)
Hypercholestérolémie (trop de cholestérol LDL) L’âge (le risque augmente après 45 ans chez l’homme, 55 chez la femme)
Hypertension artérielle (HTA) Le sexe masculin (les hommes sont touchés plus tôt)
Le tabagisme Les antécédents familiaux (génétique)
Le diabète (surtout de type 2)
Le surpoids et l’obésité (surtout abdominale)
La sédentarité (manque d’activité physique)
Le stress chronique

Le tabagisme est particulièrement nocif car il abîme directement la paroi des artères, facilite l’oxydation du cholestérol et favorise la formation de caillots. L’hypertension artérielle, de son côté, fragilise la paroi artérielle et accélère l’infiltration des graisses.

Symptômes et complications : Quand l’athérome devient-il dangereux ?

Le plus grand danger de l’athérosclérose est son caractère silencieux. Pendant des années, voire des décennies, les plaques d’athérome se développent sans provoquer le moindre symptôme. La maladie est longtemps silencieuse, jusqu’à ce que la plaque soit assez grosse pour gêner la circulation du sang, ou qu’elle se rompe brutalement.

Les premiers signes d’alerte

Quand l’artère est rétrécie à plus de 70%, les premiers symptômes peuvent apparaître, surtout à l’effort. Le corps demande alors plus d’oxygène, mais l’artère bouchée ne peut pas fournir assez de sang.

  • Angine de poitrine (angor) : Une douleur ou une sensation de serrement dans la poitrine qui apparaît à l’effort (marche rapide, montée d’escaliers) et disparaît au repos. C’est le signe que le cœur ne reçoit pas assez de sang.
  • Artériopathie des membres inférieurs : Des douleurs aux mollets, semblables à des crampes, qui surviennent en marchant et obligent à s’arrêter. C’est un signe d’athérome dans les artères des jambes.
  • Accident ischémique transitoire (AIT) : Des symptômes neurologiques brefs (paralysie d’un membre, trouble de la parole, perte de vision) qui durent quelques minutes. C’est un signal d’alarme majeur avant un AVC.

Les complications graves : la rupture de plaque

Le vrai danger survient quand la chape fibreuse d’une plaque instable se fissure. C’est la rupture de plaque. Le corps réagit à cette « blessure » comme à une coupure : il forme un caillot sanguin (thrombus) pour la colmater. Mais ce caillot peut grossir rapidement et boucher complètement l’artère, ou se détacher et aller bloquer une artère plus petite ailleurs.

L’infarctus du myocarde (crise cardiaque)

Si la rupture de plaque et la formation du caillot (thrombose) se produisent dans une artère coronaire, le sang ne peut plus arriver à une partie du muscle cardiaque. Les cellules du cœur, privées d’oxygène, meurent. C’est l’infarctus du myocarde. Les symptômes sont une douleur intense et persistante dans la poitrine, qui peut irradier vers le bras gauche et la mâchoire.

L’Accident Vasculaire Cérébral (AVC)

Si le caillot se forme dans une artère carotide ou si un morceau de plaque s’en détache et va boucher une artère du cerveau, c’est l’accident vasculaire cérébral ischémique. Une partie du cerveau est privée de sang et les neurones meurent. Les conséquences peuvent être une paralysie, des troubles du langage ou de la vision.

L’Anévrisme aortique

Dans certains cas, l’inflammation chronique liée à l’athérome peut affaiblir la paroi de l’aorte. Elle se dilate et forme une poche, un anévrisme. Le risque est la rupture de cet anévrisme, qui provoque une hémorragie interne massive et souvent fatale.

Comment diagnostiquer la présence de plaques d’athérome ?

Le diagnostic de l’athérosclérose commence souvent par une évaluation des facteurs de risque cardiovasculaire lors d’une consultation. Si le risque est jugé élevé, ou si des symptômes apparaissent, plusieurs examens peuvent être prescrits pour visualiser les artères et les plaques.

Voici les examens les plus courants :

  • Le bilan lipidique : Une simple prise de sang à jeun pour mesurer les taux de cholestérol (total, LDL, HDL) et de triglycérides. C’est la base pour évaluer le risque.
  • L’écho-doppler artériel : Une échographie qui utilise les ultrasons pour visualiser les artères (carotides, aorte, artères des jambes), mesurer le flux sanguin et détecter la présence de plaques d’athérome. C’est un examen non invasif et indolore.
  • Le scanner coronaire (coroscanner) : Un scanner spécialisé qui permet d’obtenir des images précises des artères coronaires. Il peut calculer un « score calcique », qui mesure la quantité de calcium dans les plaques, un bon indicateur de l’étendue de l’athérosclérose.
  • La coronarographie : C’est l’examen de référence pour les artères du cœur. Un produit de contraste est injecté via un cathéter pour visualiser les coronaires avec des rayons X et repérer les rétrécissements. C’est un examen plus invasif, réalisé quand on suspecte une atteinte sévère.

Prévention et traitements : Comment lutter contre l’athérome ?

On ne peut pas faire totalement disparaître les plaques d’athérome déjà installées. L’objectif principal est de les stabiliser pour éviter qu’elles ne se rompent, et de ralentir, voire stopper, la progression de la maladie. La prévention est donc la meilleure arme.

La prévention par l’hygiène de vie

C’est le traitement de base, indispensable même si on prend des médicaments. Adopter une bonne hygiène de vie permet de contrôler la plupart des facteurs de risque modifiables.

  • Alimentation saine : Moins de graisses saturées (viandes grasses, charcuterie), de sucres et de sel. Plus de fruits, légumes, légumineuses et bonnes graisses (poissons gras, huile d’olive).
  • Activité physique régulière : Au moins 30 minutes de marche rapide, 5 jours par semaine. L’activité physique aide à contrôler le poids, la tension et le diabète.
  • Arrêt complet du tabac : C’est la mesure la plus efficace pour réduire le risque cardiovasculaire.
  • Gestion du stress : Des techniques comme la relaxation, la méditation ou le yoga peuvent aider à réduire l’impact du stress chronique.

Les traitements médicamenteux

Quand l’hygiène de vie ne suffit pas, des médicaments sont nécessaires pour contrôler les facteurs de risque. Ils sont souvent prescrits à vie.

  • Les statines : Elles réduisent la production de mauvais cholestérol (LDL) par le foie. C’est le traitement principal pour stabiliser les plaques.
  • Les anti-hypertenseurs : Ils permettent de contrôler l’hypertension artérielle et de protéger la paroi des artères.
  • Les antiagrégants plaquettaires (comme l’aspirine à faible dose) : Ils fluidifient le sang et empêchent la formation de caillots en cas de rupture de plaque.
  • Les antidiabétiques : Pour les personnes diabétiques, un bon contrôle de la glycémie est essentiel pour protéger les artères.

Les interventions chirurgicales

En cas de rétrécissement très important d’une artère ou après un accident cardiovasculaire, des interventions peuvent être nécessaires pour rétablir la circulation sanguine.

  • L’angioplastie avec pose de stent : Un petit ballonnet est introduit dans l’artère pour écraser la plaque. Un petit ressort métallique, le stent, est ensuite laissé en place pour maintenir l’artère bien ouverte. C’est la technique la plus fréquente pour les artères coronaires.
  • Le pontage coronarien : Une opération à cœur ouvert qui consiste à créer un « pont » avec un autre vaisseau sanguin pour contourner la partie bouchée de l’artère coronaire.
  • L’endartériectomie : Une intervention chirurgicale qui consiste à ouvrir l’artère (souvent la carotide) pour enlever directement la plaque d’athérome.

FAQ – Vos questions sur l’athérome

Q1: Peut-on nettoyer ses artères naturellement ?

Non, l’idée de « nettoyer » ses artères avec des aliments ou des remèdes naturels est un mythe. Une fois formées, les plaques d’athérome ne disparaissent pas. Par contre, une bonne hygiène de vie et les traitements médicamenteux peuvent stabiliser les plaques existantes, les rendre moins dangereuses, et surtout empêcher la formation de nouvelles plaques.

Q2: L’athérome est-il réversible ?

La régression complète d’une plaque d’athérome est très rare et difficile à obtenir. L’objectif réaliste des traitements n’est pas de faire marche arrière, mais de stopper la progression de la maladie. Des études ont montré qu’un contrôle très strict du cholestérol LDL peut parfois entraîner une légère diminution de la taille de certaines plaques, mais cela reste limité.

Q3: À quel âge les plaques d’athérome apparaissent-elles ?

Le processus peut commencer très tôt, dès l’adolescence ou même l’enfance, sous forme de « stries lipidiques » qui sont les toutes premières étapes de la formation des plaques. Cependant, ces lésions ne deviennent significatives et potentiellement dangereuses que des décennies plus tard, généralement après 40 ou 50 ans, en fonction des facteurs de risque de chaque personne.

Jean-Pierre

Jean-Pierre

Spécialiste des voyages seniors depuis plus de 15 ans, je vous accompagne dans le choix de vos séjours pour des vacances parfaitement adaptées à vos besoins et envies.

Autres formations qui pourraient vous intéresser